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Baignade en eaux glacées : une tradition givrée du 1er janvier

Publié le 6 janvier 2026 à 13h53

Homme coiffé d'un bonnet de Père Noël se baignant dans un lac glacé
Homme coiffé d'un bonnet de Père Noël se baignant dans un lac glacé

Chaque début d'année, des milliers de courageux plongent dans des eaux glaciales pour célébrer le Nouvel An. Retour sur cette tradition revigorante qui fait de plus en plus d'émules.

C'est devenu un rituel immanquable. Chaque 1er janvier, aux quatre coins de la France et du monde, des milliers de personnes enfilent leur maillot de bain et se jettent à l'eau dans une ambiance festive et déjantée. Chapeaux de Père Noël, perruques à paillettes, maillots à thème : tous les prétextes sont bons pour défier les températures glaciales et commencer l'année du bon pied.

Une pratique qui trouve ses racines au début du XXe siècle

Mais d'où vient cette drôle d'idée de se jeter à l'eau en plein hiver ? L'histoire remonte au début du XXe siècle, outre-Atlantique, avec les premiers « clubs des ours polaires » . Le Coney Island Polar Bear Club à New York (1903) et le L Street Brownies à Boston (1904) lancent le mouvement, inspirés par les migrants scandinaves qui alternent bains glacés et saunas pour booster leur immunité.

Cette belle idée ne tarde pas à traverser l'océan. Aux Pays-Bas, la Nieuwjaarsduik, la « plongée du Nouvel An », devient un événement national dès 1960. Le succès est tel qu'en 2012, 36 000 personnes plongent simultanément dans la mer du Nord ! Aujourd'hui, une soixantaine de villes néerlandaises perpétuent joyeusement la tradition.

En France aussi, le phénomène s'enracine progressivement. Nice ouvre le bal dès la Libération avec son bain du 22 décembre. Les « bains des givrés » gagnent la côte atlantique dans les années 1960. Mais c'est vraiment ces dix dernières années que l'engouement explose : de Collioure à Menton, de Dinard aux plages du Nord, chaque ville organise désormais son rendez-vous givré du Nouvel An.

Des bienfaits scientifiquement reconnus

Au-delà de l'aspect festif, ces bains glacés sont de véritables shots de bien-être. La science le confirme : l'eau froide réduit le cortisol (l'hormone du stress) et augmente la sérotonine, la dopamine et les endorphines. Philippe Stefanini, chercheur au CNRS, précise que "l'oxygénation cellulaire est doublée, avec une action sur le sommeil et la perte de graisses". Parfait pour les troubles circulatoires et les articulations !

Attention cependant, la pratique demande quelques précautions. Pas de plongée brutale (mouiller d'abord nuque, bras et ventre), bannir l'alcool, prévoir boisson sucrée et vêtements chauds à la sortie ; c’est ce que recommandent les secouristes. Cette tradition est également déconseillée en cas de problèmes cardiovasculaires, respiratoires ou immunitaires. 

Ces plongées symboliques ne se limitent pas aux pays occidentaux. En Inde, lors de la Makar Sankranti en janvier, des millions de personnes se baignent dans les eaux sacrées pour marquer le retour de la saison des moissons. Au Groenland, les Kalaallit pratiquent des bains en eau froide lors de la cueillette du varech entre avril et mai.

Pour les milliers de baigneurs qui perpétuent cette tradition, le bain du 1er janvier est bien plus qu'un simple défi. C'est un moment de partage, une façon festive de tourner la page et de commencer l'année avec énergie et optimisme.  Alors, prêts à tenter l'expérience en 2026 ?

Autrice : Carla P

Crédit Photo : AlexKane/iStock

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