À la bonne heure : Omega Speedmaster

Publié le 25 novembre 2021 à 11h00

À l’approche des fêtes, L’avenir a du bon vous raconte chaque semaine l’incroyable histoire des montres mythiques de l’horlogerie contemporaine. Ainsi éclairé-e, vous pourrez comprendre la valeur de certaines, ce qui les distingue, bref, ce qui les rend exceptionnelles. Aujourd’hui, zoom sur l’Omega Speedmaster.

Une montre de l’espace

Si de façon triviale l’expression sert de super qualificatif, s’agissant de la Speedmaster, il est à prendre au sens littéral du terme. Coulant des jours paisibles et heureux depuis 1957, la Speedmaster, joli chronographe à lunette tachymétrique conçu par Omega, se transforme en enjeu géostratégique à l’aune de la guerre froide. Russie et Amérique, alors lancées en pleine course à la conquête spatiale, cherchent l’outillage le plus performant pour leurs astronautes. Parmi la dotation figure un chronographe. Encore faut-il que ce soit le meilleur…

En 1965, la NASA met en place une batterie de tests auxquels seront confrontés trois chronographes, dont la Speedmaster. Écart de température, profondeur, force centrifuge, vibrations, rien ne sera épargné aux trois calibres. La Speedmaster et son calibre 321, sort victorieuse de cette compétition et devient ainsi, la future montre de l’espace.

La Moonwatch

A l’époque, l’objectif affiché de la NASA est on ne peut plus clair : être les premiers à marcher sur la Lune. En 1969, le petit pas pour l’homme est fait par Buzz Aldrin A son poignet, au-dessus de sa combinaison, tenue par une immense bracelet à velcro, la Speedmaster. De montre de l’espace, la « Speed » devient la montre qui a été sur la Lune. Difficile de faire meilleure publicité. Mais ce n’est qu’un début, car entre la Speedmaster et la NASA, l’histoire ne fait que commencer.

Une mission en particulier, l’année suivante, va changer définitivement le statut de ce chronographe. Une mission, dont Ron Howard tirera un film intense : Apollo 13. Dans ce film catastrophe, la mission initiale se retrouve mise en péril. Pour assurer le retour des astronautes sur Terre, il faut mesurer à la seconde près la quantité de carburant utilisée. Or le seul outil de mesure en état de fonctionner à bord est la Speedmaster. La montre, parfaitement précise, remplit son rôle et l’équipage réussit à rentrer sain et sauf.

Une montre à plusieurs visages

Si en 1969 Buzz Aldrin embarque avec la première version de la montre, au même moment, à Bienne, on vient de mettre au point la V2, communément appelée Mark 2. Lunette graduée affleurante sous un verre minéral en lieu et place du plexi, attaches de bracelet intégrées à la boîte, nouveaux maillons, celle-ci projette la montre dans la décennie suivante. Dotée du calibre 861 qui a succédé au 321, le chronographe à remontage manuel a fière allure. En 1971, la Mark 3 lui succède en offrant un mouvement à remontage automatique, tout en conservant les grands traits de son allure « pilote ».

Pour la Mark 4 de 1973, on va combiner la boîte de la Mark 2 avec le mouvement de la Mark 3. Les montres semblent un peu se marcher sur les aiguilles, mais en réalité la manufacture tient à l’époque à rester sur un look déjà connu. Seul le bracelet subira quelques aménagements dans la dimension de ses maillons. Cette idée va perdurer pendant une dizaine d’années, jusqu’à ce qu’un tout nouveau format inspiré par les écrans de télévision, ne fasse son apparition dans la Mark 5 de 1982.

Comment se repérer ?

Paradoxalement, les formes les plus marquées, des Mark 2 à 4, sont généralement les moins convoitées. Le modèle conforme à l’origine, rond, qui a été maintes fois réédité, garde la préférence des amateurs. Comptez donc 1500€ en moyenne pour une Mark 2-3-4 de 40mm, 1000€ de plus pour une version ronde proche de la Mark 1 des années 90. A la faveur d’un regain d’intérêt récent pour sa forme TV si particulière, ajoutez encore 1000€ pour goûter les joies de ce coussin. A noter enfin, en remontage manuel comme automatique, les mouvements Omega sont réputés pour leur robustesse.

Crédit photo
© Omega

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