Mieux que neuf :
La demeure de Pauline

Publié le 9 juin 2021 à 11h15

rénovation salon avant après
rénovation salon avant après
avant/après #2

Pauline et son compagnon ont acquis une maison de maître dans la campagne normande. Pour la rénover sans la dénaturer, ils écument la région en quête de matériaux d’époque et de mobilier ancien. Un défi aussi sportif que gratifiant.

C’est l’histoire d’une impromptue et heureuse rencontre. Celle d’un couple de trentenaires en quête d’un port d’attache, et d’une vieille bâtisse, nonchalamment lovée entre terre et mer, au cœur des verts paysages de Normandie.

Pauline, secrétaire de mairie, et Yoanick, responsable d’atelier dans les travaux publics, savaient ce qu’ils cherchaient : une maison qui ait une âme, un lieu authentique où s’installer avec leurs deux garçons. La maison, avec ses 131 printemps, roupillait tranquillement dans le paysage, inhabitée depuis quatre ans.

Demeure de Pauline avant après
Demeure de Pauline avant après

La demeure de Pauline et Yoanick en 1887 et aujourd’hui

Grâce au boncoin, nos jeunes gens et notre belle endormie s’acoquineront finalement en 2018. « Nous avons littéralement craqué pour cette maison pleine de cachet, où presque tout était d’origine », se souvient Pauline. La maison de 150m2, qui date de 1887, est toute de briques vêtue à l’extérieur, et a gardé tout son charme à l’intérieur. « Les sols en particulier nous ont convaincus : de magnifiques parquets en chevron et des carreaux de ciment jaune et bleu d’époque ! ».

L’achat conclu, le plus costaud commence car une sérieuse réhabilitation s’impose. « Pas de chauffage, à peine une salle de bain, toutes les menuiseries à refaire », énumère Pauline, qui résume la complexité du défi : « Rénover mais sans dénaturer ».

Un carreau fêlé ? S’il est beau et d’époque, on garde ! Il faut accepter que tout ne soit pas parfait.

Première des priorités, donc : préserver ce qui est déjà là. « Mon principal conseil, pour ne pas trahir l’âme d’une maison ancienne, est de conserver au maximum les matériaux d’origine. » Y compris quand ceux-ci ont un peu vécu « Un carreau fêlé ? S’il est beau et d’époque, on garde ! Il faut accepter que tout ne soit pas parfait. » 

Il faut, aussi, savoir consentir quelques sacrifices, en matière de confort par exemple : « Parce que nous avons voulu conserver la faïence murale dans la cuisine, cette partie de la pièce n’a pas été isolée. Le charme a ici primé sur la performance thermique ! »

rénovation cuisine
rénovation cuisine

La cuisine avant / après

Coin banquette avant / après

Pour ce qui est vraiment abimé ou manquant, le conseil est sans ambiguïté : « Éviter le neuf, et chiner autant qu’on peut ! » Aussi, dès le lancement des travaux, c’est très logiquement que le couple se tourne vers celui grâce à qui tout a commencé :  « leboncoin s’est avéré assez incontournable dans notre projet de rénovation, une vraie mine d’or ». Le duo se met ainsi à écumer la Seine-Maritime en quête de belles trouvailles. « On a bien voyagé !», rit-elle aujourd’hui. 

Avec succès : du Havre à Neufchâtel-en-Bray, en passant par l’Eure voisine, le couple déniche, auprès de particuliers d’antiques carreaux de ciment pour les WC, d’authentiques radiateurs en fonte pour le chauffage, des portes anciennes au bois joliment patiné, un ancien portail en fer forgé pour le jardin, ou encore des volets et des persiennes. « Au fil du temps, leboncoin est devenu un jeu pour moi, comme une chasse au trésor : sur l’appli, je joue avec les mots clés pour essayer de trouver la perle rare ».

La salle de bain avant / après

Le salon avant / après

Un jeu qui réserve parfois d’enthousiasmantes surprises, à l’image de ce magnifique vitrail de deux mètres de long, daté du tout début du XXème. « Assurément notre plus belle trouvaille ! ». Il a certes fallu beaucoup bûcher pour le remettre en état - « décaper, poncer, remplacer les carreaux cassés, un très gros chantier » - mais le résultat est à la hauteur : il est devenu une élégante imposte qui ouvre sur le salon.

Il y a aussi des pièces chinées qui sont précieuses pour ce qu’elles racontent. Comme ce buffet Mado en formica : quand Pauline le regarde, elle pense à sa grand-mère. « Parce qu’il ranime mes souvenirs, c’est aujourd’hui mon meuble favori. Je suis très très attachée à lui », sourit-elle.

Chambre avant / après

Chez Pauline et Yoanick, enfin, les meubles anciens ont eu une autre vertu : celle du temps passé ensemble. « Bricoler et raffistoler notre mobilier est une passion commune, et un moyen de se retrouver tous les deux ». Dans les vieilles granges au fond du jardin, chacun peut faire valoir sa spécialité. Lui aime la découpe et l’assemblage du bois, elle, aime poncer et peindre.

Trois ans, des centaines de kilomètres parcourus et des dizaines de bricolages plus tard, toutes les pièces à vivre sont terminées, ne restent que le grenier et quelques menus travaux à boucler. Avant de s’attaquer deux granges?  « Si on s’ennuie ! », plaisante Pauline. Trois ans de joie et d’efforts, donc, et un réjouissant constat : « On a respecté cette maison, son histoire, et celle de ceux qui l’ont habitée. Je suis super fière de ça ! ».

Entrée avant / après

Crédit photo
© Pauline

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