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À la bonne heure : Tag Heuer Monaco

Publié le 9 décembre 2021 à 12h00

À l’approche des fêtes, L’avenir a du bon vous raconte chaque semaine l’incroyable histoire des montres mythiques de l’horlogerie contemporaine. Ainsi éclairé-e, vous pourrez comprendre la valeur de certaines, ce qui les distingue, bref, ce qui les rend exceptionnelles. Aujourd’hui, zoom sur La Tag Heuer Monaco..

Jack Heuer, le visionnaire

Avant 1985 et l’arrivée de Tag (pour Technique d’avant-garde, une entreprise technologique) dans l’actionnariat, Heuer est le patronyme d’un discret personnage, Jack Heuer. Modeste horlo­ger de Saint­-Imier (Suisse), l’homme est surtout un passionné de Formule 1 qui hante les paddocks durant les années 60. 

Jo Siffert, qui incarne le Lewis Hamilton de l’époque, domine le championnat et plus rare, il voue un véritable culte à l’horlogerie. La rencontre a lieu en 1969 et entre les deux hommes, c’est le coup de cœur. Heuer, qui cherche à mettre sa marque sous les feux de la rampe, offre son fameux chronographe carré à Siffert. Pour le modèle qui peine à trouver preneur en boutique, cette exposition sonne comme une sacrée aubaine. 

Dans la foulée, il lui propose un deal un peu particulier. Il ajoute 25 000 francs à son offre en échange d’une double obligation pour Siffert : porter la montre en toute circonstance, et faire coudre un écusson « Heuer » sur l’épaule de sa combinaison. Il apporte une dernière idée : le pilote endossera le rôle d’agent de la marque en échange d’une commission sur chaque montre vendue. En une année, le paddock roule pour Heuer, chacun ayant à cœur de porter la même montre que le champion.

Steve McQueen, l’icône

L’année suivante, en 1970, Steve McQueen tourne « Le Mans ». Fondu de sport automobile et doté d’un bon coup de volant, McQueen tient absolument à être crédible dans son rôle de pilote. Pour cela, il exige de la production que Siffert devienne son mentor. Bien qu’il ne soit pas un spécialiste des courses d’endu­rance, Siffert accepte l’offre généreuse de la production et endosse le rôle d’ins­tructeur. 

McQueen est en admiration. Il aime tout chez son nouveau coach. A telle enseigne qu’il va vouloir lui ressem­bler. Il demande donc à la costumière de copier sa tenue. Même combinaison, mêmes écussons, au même endroit. Or sur celle de Siffert figure en bonne place celui de Heuer que l’inspiré Jack avait exigé́. Et, à son poignet, le chronographe. Conséquence inévitable : en plus de la combinaison, McQueen, qui ne quitte jamais sa Rolex Submariner, va donc demander à porter la même Heuer que le coureur. La Monaco crève l’écran et entre dans la légende. Mais cela ne suffira pas.

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Un succès qui peine à venir

Dans les années 60, un groupe de manufactures s’associent pour développer le premier calibre pour chronographe doté d’un mini rotor de remontage automatique. Ainsi équipé, le « calibre 11 » se remonte grâce aux mouvements du poignet, sans que l’épaisseur n’en souffre trop. 

Parmi les manufactures figure Heuer ; la Monaco sera l’une des premières à en profiter. De forme carrée, une première pour un chronographe, elle se reconnait entre mille, d’autant plus qu’elle est proposée dans une livrée bleue inhabituelle pour une époque où les cadrans se cantonnent au noir et blanc. Seul hic : son prix élevé pour l’époque qui pousse Jack Heuer, faute de ventes, à proposer une seconde version moins chère à remontage manuel à compter de 1974, dépourvue de la mention « automatic chronograph ». 

Pour autant, rien n’y fait, la Monaco ne convainc pas et Heuer jette l’éponge en arrêtant la production du modèle au début des années 80.

1998 : la renaissance

Près de 20 ans se sont écoulés lorsqu’en 1998, la Monaco fait son grand retour. Autre temps, autres mœurs, le mythe McQueen tourne à plein régime et son allure vintage rencontre enfin un beau succès. Repensée en 2003, elle profite d’un nouveau bracelet métallique qui lui ouvre de nouveaux marchés comme le Moyen-Orient où les bracelets en cuir vivent mal les hautes températures. 

En 2009, une version anniversaire est lancée, dotée du logo Heuer (sans mention « Tag »), reprenant la couronne de remontoir à gauche, propre aux premières versions dotées du calibre 11. En parallèle, une version dite calibre 12 avec couronne à droite est aussi proposée.

Suit ensuite en 2018 une édition « Gulf » reprenant les nuances bleues et orange du pétrolier qui figuraient sur la voiture de McQueen dans « Le Mans ». Toujours en collection aujourd’hui, la Monaco et ses différentes versions ont désormais trouvé leur public. Un public qui verse généralement bien volontiers dans l’automobile rétro et qui cherche clairement à l’afficher !

Côté prix, si vous optez pour les versions simplement automatiques, c’est-à-dire sans chronographe, proposées au milieu des années 2000, vous pourrez trouver votre bonheur dès 1500€. Comptez 1000€ de plus pour les chronographes à cadran noir ou blanc, moins prisés que les bleus, qui s’affichent elles, à 3000 euros.

Crédit photo
© Tag Heuer

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