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Élection présidentielle : quels enjeux pour l’économie circulaire ?

Publié le 9 mars 2022 à 23h00

Personne emballant un tee-shirt dans une boîte pour l'expédier
Personne emballant un tee-shirt dans une boîte pour l'expédier

À l’approche de l’élection présidentielle, l’économie circulaire peut apporter de nombreuses réponses aux différents enjeux économiques et sociétaux auxquels la France fait face.

Encore peu abordée dans les débats et tribunes politiques, l’économie circulaire est pourtant centrale dans la construction d’une société et d’une économie plus vertueuses. Centrée sur des valeurs d’éthique et la protection des ressources, elle représente une vraie opportunité pour l’emploi durable en France et la sauvegarde de la planète. 

À quelques semaines de la première échéance électorale, tour d’horizon des enjeux dans lesquels l’économie circulaire peut peser dans la balance.

Climat

Seconde préoccupation des jeunes après le pouvoir d’achat selon un sondage Ipsos pour la FAGE, l’environnement est un sujet incontournable pour les candidats. La régulation va également dans ce sens, et la France, ainsi que l’Europe, se sont fixé des objectifs clairs à respecter. 

En effet, en visant une gestion sobre et efficace des ressources planétaires, l’économie circulaire est un allié essentiel dans la protection de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Industrie

Système de quotas CO2, pénalités libératoires pour les fournisseurs d’énergie, taxe carbone… Pour continuer à être en règle avec les nouvelles réglementations environnementales, les industriels vont devoir s’adapter !  

L’économie circulaire peut à la fois accompagner et accélérer cette transition. Par exemple, une filière française de reconditionnement des produits pourrait voir le jour, notamment dans le numérique, où les impacts environnementaux sont générés à l’étape de la fabrication des terminaux (smartphone, ordinateurs…), comme le souligne La Fabrique écologique. Ce think tank propose même un objectif de 80 % des ventes de téléphones reconditionnés d’ici 5 ans !

Emploi

Les effectifs de l’économie circulaire peuvent être évalués, a minima, à près de 800 000 emplois équivalents temps plein (ETP), soit plus de 3 % de l’emploi global (cf. France Stratégie). Et ce chiffre ne cesse d’augmenter ! À titre d’exemple, le développement d’activités de réparation des produits usagés, de réutilisation ou de recyclage des déchets génère 25 fois plus d’emplois que la mise en décharge de ces déchets.

En favorisant les filières locales pérennes et la réinsertion de personnes en difficulté et dans les territoires plus isolés via les filières de réemploi, l’économie circulaire produit un vivier d’emplois à impact social et vertueux. Le gouvernement estime que 300 000 emplois pourraient être créés dans le secteur de l’économie circulaire.

Fiscalité

Aujourd’hui, l’économie circulaire est soumise à la même fiscalité que le reste de l’économie. De nombreux acteurs plaident pour une éco-fiscalité plus incitative pour les professionnels et les particuliers.

Les propositions sont nombreuses : abattement fiscal pour les entreprises d'éco-conception ou au comportement responsable, baisse des charges pour les emplois de la filière du réemploi, ou encore réductions fiscales auprès des particuliers pour inciter à la consommation de produits issus de l’économie circulaire.

La TVA des produits reconditionnés est également au centre des préoccupations. Actuellement, ils sont soumis au même taux que les produits neufs (20 %), alors qu’ils ont déjà été soumis à cette taxe au moment de leur première mise sur le marché. La baisse de la TVA à 5 %, comme c’est déjà le cas en Suède, en Belgique ou encore au Portugal, permettrait de valoriser ces produits davantage.

Autrice : Sarah Quimet

Crédit photo : Getty Images

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