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La bonne question à Murfy : que faire pour encourager et démocratiser le recours à la réparation ?

Publié le 21 avril 2022 à 22h00

Portrait d'Aurélie Fircowicz
Portrait d'Aurélie Fircowicz

Entretien avec Aurélie Fircowicz, directrice du Marketing chez Murfy, l’entreprise nouvelle génération qui propose la réparation comme alternative à l’achat d’électroménager neuf.

Bonjour Aurélie ! De quel constat êtes-vous partis chez Murfy en termes de recours à la réparation en France afin de créer vos services ?

A.F. :

Les Français réparent (1 Français sur 3 a recours à la réparation), mais ça n’est pas encore suffisant. Chez Murfy, nous sommes donc partis des freins qui empêchent encore un recours plus systématique à la réparation pour proposer un service complet. Pourquoi certains ne réparent pas encore ? C’est simple, on a trois facteurs : le coût, la peur de se faire arnaquer, et le délai. En d’autres termes, une majorité de personnes pense encore que la réparation va leur coûter trop cher, que cela va prendre plus de temps que d’investir dans du neuf, et qu’en plus de ça, ils n’auront pas les garanties associées au neuf !

"Dans 85 % des cas de pannes, on peut réparer l’appareil !"

Quel impact environnemental cela a-t-il ?

A.F. :

25 millions d’appareils ménagers sont jetés en France chaque année. On dénombre environ 28 millions de pannes par an. Donc, opter pour la réparation ou l’achat d’un appareil reconditionné, c’est participer activement à la réduction des déchets ménagers qui finissent souvent dans les décharges, ou enfouis. Lorsque vous achetez une machine à laver neuve, par exemple, c’est 2,1 tonnes de matières premières qui sont nécessaires. L’impact écologique de ces appareils se concentre à 60 % dans leur fabrication et leur acheminement. De façon générale, acheter un équipement neuf équivaut, en termes d’empreinte écologique, à faire un aller-retour Paris-Toulouse en avion... Or, dans 85 % des cas de pannes, on peut réparer l’appareil !

Murfy propose aussi des pièces détachées d'occasion. Lorsque nous ne pouvons pas reconditionner un appareil, nous récupérons les pièces en parfait état pour les proposer lors de nos réparations à domicile. Cela permet de diminuer le prix des pièces détachées et donc de rendre la réparation encore plus accessible !

Comment vous engagez-vous chez Murfy pour développer le recours à la réparation ?

A.F. :

Partant du constat évoqué précédemment, on a décidé de proposer une offre transparente afin de rassurer les personnes qui souhaiteraient avoir recours à la réparation. Nous avons mis au point un forfait unique de 85 €. L’argent est débité après le passage du réparateur, et on a mis en place une garantie de 6 mois sur les appareils réparés, donc pas de risque de perdre son argent ! Si la réparation nécessite une pièce détachée, on émet un devis que le client pourra accepter, sachant qu’en moyenne ce genre de réparation ne dépasse pas les 130 €. On est donc encore loin du prix d’équipements neufs. 

Et si votre appareil n’est pas réparable, on vous propose de le reprendre ! À partir de ce moment-là, on va le démonter et récupérer les pièces en bon état pour les réutiliser dans la réparation d’autres appareils. Notre objectif, c’est vraiment de lever tous les freins à la diminution des déchets ménagers.

Comment peut-on expliquer que le recours à la réparation ne soit pas encore un réflexe pour les Français ?

A.F. :

Pendant longtemps, le marché français a été tiré par les distributeurs. Donc les gens sont matraqués pour acheter du neuf, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays européens qui communiquent et valorisent davantage la réparation. D’autre part, la France manque cruellement de réparateurs… Chez Murfy, on a donc mis en place des formations. Tous les réparateurs Murfy sont employés en CDI ! Cela fait aussi partie de notre politique RSE que de proposer des formations de qualité et un emploi stable.

Autrice : Emilie F

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