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Ressourceries, le modèle qui séduit

Publié le 9 mars 2022 à 23h00

Groupe de personnes faisant du shopping dans une ressourcerie
Groupe de personnes faisant du shopping dans une ressourcerie

Encore peu connues du grand public il y a quelques années, les ressourceries sont de plus en plus prisées des particuliers et des collectivités.

On y trouve tout un tas de trésors : des DVD et CD tout droit sortis d’une époque pas si lointaine, des vêtements, des meubles, mais aussi des appareils électroniques à prix cassés. Pas vraiment une brocante, ni seulement un magasin de seconde main, une ressourcerie est un lieu de partage et d’échanges. On peut y acheter des objets, mais aussi en déposer, et parfois même apprendre à les réparer soi-même !

Valoriser les objets et lutter contre le gaspillage

Issues de l’économie sociale et solidaire, les ressourceries sont des lieux de collecte, de réemploi et de revente d’objets usagés ou d’occasion. C’est une marque déposée : on en compte 154 en France, réparties sur tout le territoire (une carte de leur localisation à consulter ici).

Vous pouvez y laisser tous les objets dont vous souhaitez vous séparer. Ceux qui pourront connaître une seconde vie vont être nettoyés, testés et retapés par les employés, pour être ensuite vendus. Le reste servira à fournir des pièces détachées. Tous les matériaux et objets qui ne peuvent être redistribués seront expédiés vers les filières de recyclage adéquates et tout est fait pour éviter au maximum l’incinération ou l’enfouissement des déchets. Résultat : la durée de vie des objets est prolongée et valorisée, et permet à tous de se procurer des produits fonctionnels et moins chers.

Autre force de la ressourcerie : elle sert aussi de lieu de sensibilisation à l’environnement, auprès de ses clients, mais aussi des services de collecte, et de tous ceux qui s’intéressent à ces questions. Une boucle 100 % vertueuse qui séduit de plus en plus dans l’Hexagone ! 

Créer de l’emploi et du lien social

Principalement gérées par des associations ou des entreprises d’insertion, les ressourceries n’ont pas de but lucratif et participent à la réinsertion de personnes peu qualifiées et en difficulté. Aujourd’hui, la filière emploie 4702 femmes et hommes (cf. Observatoire des Ressourceries, 2021). Dans les ateliers qui réparent les objets, l’apprentissage et le partage d’expertise créent du lien et permettent aux employés de développer de nouvelles compétences. La filière compte bien continuer à se développer : son ambition est de parvenir à créer 70 000 emplois verts dans les années qui viennent.

En plus de leur rôle social, les ressourceries sont essentielles pour atteindre les objectifs fixés par la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. Au total, en 2020, elles ont permis de collecter plus de 39 500 tonnes de déchets, dont 41 % ont pu être réutilisés et 50 % recyclés !

En Europe, une fiscalité plus incitative

Les ressourceries, certains pays d’Europe connaissent déjà bien. C’est le cas de la Suède, championne mondiale du recyclage, où certaines rues comptent parfois plus de boutiques de seconde main que d’objets neufs ! Une situation rendue possible notamment grâce à une fiscalité incitative : la TVA sur les services de réparation y est de 4 %. La Suède n’est pas la seule en Europe : la Belgique, le Luxembourg, Malte, la Hollande, la Pologne ou encore le Portugal ont aussi mis en place une fiscalité avantageuse (entre 5 % et 8 %) pour les réparations. Une mesure dont rêvent les acteurs français. Pour l’instant, en France, la TVA relatives aux activités de réparation et de réemploi et à la vente de biens d'occasion est de 20 %.

Autrice : Sarah Quimet

Crédit photo : Mats Hagwall

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