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Taxe carbone : aborder la transition écologique autrement

Publié le 22 mars 2022 à 00h00

Usine qui émet de la fumée
Usine qui émet de la fumée

Depuis plusieurs années, la taxation des émissions de CO2 par les États fait débat. En voulant appliquer le principe du pollueur-payeur, la taxe carbone semble pourtant être une solution dans la réduction des émissions de CO2, en cause dans le changement climatique. Après quinze ans d’analyse, l’OCDE publiait en 2020 une étude révélant que la taxe avait permis une baisse de 5% des émissions pour l’année 2018 !  La taxe carbone nous aurait-elle tous encouragés à repenser nos modes de vie et nos déplacements ?

Pourquoi la taxe carbone fait débat

Au départ établie à 7 € par tonne de CO2 en 2014, la taxe carbone – qui touche les particuliers, les petites et moyennes entreprises – augmente à 44 € en 2018. Alors que les hausses régulières précédentes avaient été lissées par un cours du pétrole bas, la reprise du cours du pétrole à la même période entraîne une augmentation significative du carburant. Les particuliers les plus touchés par la taxe carbone, c’est alors l’incompréhension : ils se demandent pourquoi les secteurs du transport (aérien, maritime, routier) en sont exonérés. 

Et pourtant, il existe de nombreuses raisons qui laissent à penser que la taxe carbone permet à l’État d’amorcer une transition écologique qui irait dans le bon sens. D’un point de vue financier, tout d’abord. De 0,3 milliard d’euros en 2014 à plus de 9 milliards en 2018, la taxe carbone est une des principales ressources financières pour l’État. Elle bénéficie de l’universalité budgétaire des finances publiques et permet donc de contribuer à la réduction de la dette et au budget de la France. Potentiel bémol ? Certains aimeraient la voir entièrement allouée à la transition verte.

Émissions de CO2 : tous acteurs du changement ?

Si la taxe carbone touche les ménages, les artisans et les entreprises de moyenne taille, qu’on ne s’y trompe pas : les grands industriels européens ont le marché carbone. Celui-ci permet d’attribuer des quotas d’émissions de CO2 aux entreprises. Mis en place en 2005 en Europe, il concerne 11 000 installations industrielles (centrales électriques, réseaux de chaleur, acier, ciment, raffinage, verre, papier, chimie…), représentant 45 % des émissions de l’UE. Là encore, faire payer les émissions de carbone semble porter ses fruits : en 2019, les émissions GES des grands sites industriels ont chuté de 9,1 % (soit 152 millions de tonnes de CO2 en moins, rien que ça !). 

La solution se trouverait-elle donc dans une coopération entre responsabilisation des consommateurs et effort coordonné des industriels et des États ? Après tout, changer nos modes de consommation en refusant d’acheter des produits importés depuis l’autre bout du monde ne participerait-il pas à la réduction des émissions internationales ? Si la taxe carbone fait débat, d’autres solutions complémentaires existent pour inciter à la réduction des émissions carbone de chacun. L’information, la prévention, et le label bas-carbone récemment mis en place semblent aller dans la direction d’un renforcement positif. Consommer local pour consommer plus vert : la solution à la portée de chacun ? Peut-être. Alors oui, on mangera peut-être moins d’ananas du Costa Rica et il faudra renoncer aux voyages en avion à l’autre bout du monde, mais réformer nos systèmes de valeur, c’est peut-être aussi ça, l’enjeu de la transition écologique. 

Autrice : Emilie F

Crédit photo : Veeterzy

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