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Traité anti plastique : un premier pas historique

Publié le 19 avril 2022 à 22h00

Personne triant des bouchons de bouteilles
Personne triant des bouchons de bouteilles

Pour la première fois, l’ONU vient d’adopter le principe d’un traité international anti-plastique, dont la négociation doit aboutir en 2024.

C’est une nouvelle qui a redonné de l'optimisme aux défenseurs de l’environnement ! Début mars, l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (ANUE), la plus haute instance internationale sur ce sujet, a voté pour la création d’un « comité intergouvernemental de négociation » pour mettre fin à la pollution plastique. À la clé, un traité qui devrait être plus contraignant que les précédents et qui est considéré comme l’accord environnemental le plus important depuis l’Accord de Paris, signé en 2015.

Prise en compte du cycle de vie entier du plastique

Pendant deux ans, les négociateurs vont devoir définir le contenu de ce traité, baptisé Paris Plus. Le mandat de négociations est très large et prend en compte « le cycle de vie entier du plastique », c'est-à-dire les impacts de sa conception et production, de son utilisation, mais aussi des déchets et du recyclage. Toutes les formes de pollution plastique sont concernées : sur terre et en mer, y compris pour les microparticules de plastique, dont certaines traces se retrouvent dans l’air et affectent aussi bien la santé humaine que le climat. Ce sera donc un traité complet !

« Aujourd'hui, nous écrivons l'Histoire. Vous pouvez être fiers », s’est exclamé le ministre norvégien de l'Environnement, Espen Barth Eide, président en exercice de l'Assemblée, sous les applaudissements des délégués debouts. Ce mandat promet une approche complète à la hauteur de l’urgence et de l'étendue du problème, qui mêle changement climatique, bouleversement de la biodiversité, et pollution. En effet, selon les prévisions, la quantité de déchets plastiques qui se déversent dans les océans devrait tripler d’ici 2040.

Un texte contraignant

Si le moment est historique, c’est aussi parce que le texte pourrait être contraignant pour les pays. Une avancée par rapport aux Accords de Paris, qui prévoient la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais sur la base du volontariat de chaque État. Résultat : de nombreux pays ne jouent pas le jeu, et le réchauffement climatique ne ralentit pas…

Cette fois, le mandat prévoit de négocier des objectifs mondiaux chiffrés avec des mesures, des mécanismes de contrôle et l’élaboration de plans d’action nationaux prenant en compte les spécificités des différents pays. Si certains pays ont déjà interdit les sacs en plastique à usage unique ou autres produits jetables, d’autres en sont encore loin. C’est le cas notamment des pays pauvres, parfois devenus la décharge des pays riches. Ils pourront à présent bénéficier d’un système d’aide dédié.

Quelque 460 millions de tonnes de plastiques ont été produites en 2019 dans le monde, générant 353 millions de tonnes de déchets, dont moins de 10 % sont actuellement recyclés et 22 % sont abandonnés dans des décharges sauvages, brûlés à ciel ouvert ou rejetés dans l'environnement, selon l'OCDE.

Pourtant, l’espoir est encore possible ! Et il passe aussi par une évolution des économies. D’après l’ONU, le passage à une économie circulaire peut réduire le volume des plastiques entrant dans les océans de plus de 80 % d'ici 2040.

Autrice : Sarah Quimet

Crédit photo : Krizjohn Rosales

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